Feux, musique, lumières, dragon géant: à Fribourg, chaque match de Gottéron se vit comme un concert. Derrière le rugissement du public, un show millimétré pensé pour faire vibrer toute la BCF Arena.
À Fribourg, le hockey-sur-glace se vit autant qu’il se joue. Depuis deux saisons maintenant, la BCF Arena affiche complet à chaque rencontre: 9262 places remplies, un taux d’occupation record en Suisse.
«Tu sens l’atmosphère des 9’000 personnes qui te regardent, c’est un truc de dingue», confie Stéphane Decorvet, coordinateur de la communication du club depuis dix ans.
S’il devait définir ce qui rend l’ambiance fribourgeoise unique, Stéphane Decorvet évoque d’abord le bruit: «La rénovation de la patinoire fait qu’on a un son impressionnant, un vrai mur de décibels». Il évoque aussi la participation du public: les ultras qui chantent sans relâche et les deux anneaux de tribunes qui réagissent à chaque appel du speaker. Mais, au-delà du son, il insiste sur l’histoire et le patrimoine du club: «Tout l’héritage de Gottéron, le mythe du dragon, on le ressent à chaque match».
«Tout l’héritage de Gottéron, le mythe du dragon, on le ressent à chaque match» explique Stéphane Decorvet.
Les coulisses du show
Mais cette expérience ne doit rien au hasard. Derrière la mise en scène, une dizaine de personnes s’activent à chaque rencontre: régie, techniciens, coordinateurs. Il y a même une équipe chargée de gonfler le dragon géant dans lequel les joueurs apparaissent au début du match.
«Le plus gros du travail se fait avant la saison: on calibre les lumières, les sons, les vidéos. Le jour J, tout doit être fluide», explique Stéphane Decorvet.
Chaque élément est synchronisé: la musique, les effets lumineux, les images diffusées sur le vidéotron. Le coût global d’un match, qui comprend tout le personnel de la patinoire, des buvettes à la sécurité, se situe entre 100’000 et 150’000 francs.
Le spectacle commence bien avant l’entrée des joueurs, avec une vidéo d’avant-match d’environ une minute trente projetée sur les écrans géants. Elle met en scène les symboles de la région: le dragon, les paysages fribourgeois et les visages des supporters. «Je commence à préparer cette vidéo plusieurs mois à l’avance. On discute avec le club, on fait appel à un scénariste, puis on tourne selon un scénario validé. L’objectif, c’est de représenter la ferveur fribourgeoise, l’histoire du club et le mythe du dragon», explique Guillaume Mugabo Munyankindi, vidéaste chez ByTheWay. Pour lui, c’est ce mélange d’émotion et d’identité qui fait le succès du show: «À chaque match, on veut que le public se reconnaisse dans les images. Et pour quelqu’un qui vient pour la première fois, c’est toujours une surprise.»
«À chaque match, on veut que le public se reconnaisse dans les images. Et pour quelqu’un qui vient pour la première fois, c’est toujours une surprise.» Guillaume Mugabo Munyankindi, vidéaste pour Fribourg-Gottéron
Suivez les coulisses du show d’avant-match….
Entre innovation et tradition
Mais derrière cette mécanique parfaitement huilée, le club cherche aussi à faire évoluer son show d’année en année. Chaque saison, le club ajuste son spectacle: nouvelles vidéos, musiques retravaillées, effets lumineux repensés. «On ne réinvente pas la roue, mais on s’adapte», glisse Stéphane Decorvet.
L’innovation se joue aussi sur la technologie: la synchronisation entre son et lumière est désormais automatisée. En avant-saison, des prestataires externes effectuent les réglages de précision qui permettent à la régie d’assurer le bon déroulement du show. «Avant chaque match, on coordonne tout pour être sûrs que chaque élément parte au bon moment, qu’il n’y ait pas d’imprévu», précise-t-il. «On pense toujours à ce qu’on peut amener, à ce qu’on veut changer au niveau de la lumière. Il y a pas mal d’heures de travail et de discussions avant que tout soit validé», explique encore Stéphane Decorvet, qui rêve de pouvoir un jour projeter directement sur la glace, comme certaines patinoires d’Amérique du Nord: «C’est spectaculaire, mais le budget reste considérable.»
Avec plus de 314’000 spectateurs et 700 sponsors la saison dernière, Fribourg-Gottéron reste l’un des clubs les plus suivis du pays. Et la patinoire continue d’évoluer: cet automne, la BCF Arena a inauguré une nouvelle terrasse dans les hauteurs, ajoutant une centaine de places supplémentaires.
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Interview avec Stéphane Decorvet, coordinateur communication de Fribourg-Gottéron.
| La BCF Arena à Fribourg n’est pas la plus grande patinoire du pays, mais elle a le plus haut taux de remplissage: Moyenne de remplissage 1. Fribourg-Gottéron 100%. 2. Zoug 97,54. 3. Bienne 97,08. 4. Ambri-Piotta 95,40. 5. Zurich 93,70. 6. Langnau 93,42. 7. Genève-Servette 91,28. 8. Berne 90,95. 9. Ajoie 85,79. 10. Rapperswil 80,25. 11. Davos 77,42. 12. Lausanne 75,94. 13. Lugano 75,32. 14. Kloten 71,48. Total de spectateurs 1. Berne 402 730. 2. Zurich 292 334. 3. Fribourg-Gottéron 235 224. 4. Lausanne 189 544. 5. Zoug 182 593. 6. Genève-Servette 169 332. 7. Ambri-Piotta 168 048. 8. Bienne 161 747. 9. Langnau 145 738. 10. Kloten 141 684. 11. Lugano 131 854. 12. Davos 131 789. 13. Rapperswil 127 270. 14. Ajoie 115 500. Source : National League et La Liberté, saison 2023–2024. |
Par Amaëlle Steffen
Ce travail journalistique a été réalisé pour le cours «Recherche d’informations et écritures journalistiques» dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM), de l’Université de Neuchâtel.
