Épouvantail IA: une réponse technologique à un problème ancestral

Epouvantail dans un champ. Crédit: Pexels

Depuis des siècles, les agriculteur-rice-s tentent d’éloigner les corbeaux qui ravagent leurs champs. Mais face aux corvidés, réputés pour leur intelligence et leur capacité d’adaptation, les méthodes traditionnelles montrent rapidement leurs limites. En Suisse, où les dégâts agricoles se chiffrent chaque année à plusieurs centaines de milliers de francs, la recherche mise désormais sur une nouvelle arme: l’épouvantail IA.

Par Cassandra Genoud, Alisson Shepherd & Tom Bühlmann

Box méthodologique – Quelques mots sur les choix narratifs de ce reportage

Ce texte examine comment la voix narrative assure la cohésion entre les deux parties de la vidéo, à savoir récit en voix off et les explications face caméra).

Pour notre public cible (8-15 ans), une voix-off aux codes du conte pour enfants nous paraissait adaptée pour le premier segment : passé simple, phrases courtes, rimes, mais surtout un regard omniscient. La seconde partie bascule vers un ton typiquement journalistique (vulgarisateur, clair et objectif) pour présenter une nouvelle innovation.

La compatibilité de ces deux modes narratifs est favorisée par une voix-off omnisciente, mais surtout objective et impartiale (et donc de type journalistique), tandis que la journaliste qui prête sa voix est celle qui se présente ensuite face caméra.

Ce changement de voix (off puis incarnée) marque aussi le basculement entre le récit (qui s’achève sur une complication non résolue) et l’explication journalistique (qui y apporte une (ré)solution).

Cette structure en deux temps s’apparente aux deux fonctions du récit en journalisme narratif formalisées par Borani (2007 ; 2009) puis reprises par Vanoost (2015) : (1) la fonction intrigante crée de la tension en repoussant le dénouement du problème exposé, et (2) la fonction configurante construit une compréhension rétrospective des événements.

Contrairement à la pyramide inversée du journalisme « classique », le journalisme narratif joue « sur la tension d’un dénouement incertain qui repousse […] certaines clés de compréhension à la fin » (Vanoost, 2016, p. 1 ; 2013). La voix-off narre un conflit sans résolution immédiate et ce n’est qu’une fois incarnée que la narratrice se révèle journaliste et apporte informations et résolution. Selon la journaliste Amy Harmon (citée par Vanoost, 2015), le passage par les émotions favorisait une assimilation plus viscérale.

Ensemble, ces différents outils narratifs favorisent une plus grande implication de l’audience et améliorent la compréhension des enjeux présentés dans le contenu journalistique.

Sources

Baroni, R. (2007). La tension narrative : suspense, curiosité et surprise. Seuil.
Baroni, R. (2009). L’œuvre du temps : poétique de la discordance narrative. Seuil.
Vanoost, M. (2013). Defining narrative journalism through the concept of plot. Diegesis.
Vanoost, M. (2015). De la narratologie cognitive à l’expérimentation en information et communication : comment cerner les effets cognitifs du journalisme narratif ? Cahiers de narratologie, 28.
Vanoost, M. (2016). Journalisme narratif : des enjeux contextuels à la poétique du récit. Cahiers de narratologie, 20.

Par Alisson Shepherd
Ce travail journalistique a été réalisé pour le cours « Narrations et storytelling », dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.

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