Selon le rapport annuel d’Amnesty International publié en avril 2026, le droit de manifester en Suisse est en pleine érosion. L’organisation internationale critique à la fois son régime d’autorisation et l’usage de la force par la police. Des mesures qui, en théorie, servent à la sécurité et au maintien de l’ordre public. Décryptage.
En Suisse, manifester n’est pas un droit que l’on exerce librement : c’est une permission que l’on sollicite. On ne peut pas manifester sans avoir reçu une permission préalable d’une autorité compétente. Faute de quoi, les conséquences peuvent être lourdes. En 2025, en Valais, un organisateur d’une manifestation pacifique mais non-autorisée a reçu plus de 100 000 francs d’amende.
La même année, à Berne, une manifestation de 5 000 personnes a viré à l’épreuve de force avec la police. Celle-ci est intervenue à coup de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc, et de canons à eau. 500 personnes ont été retenues dans une nasse pendant des heures. Amnesty parle d’intervention « injustifiée et excessive ». Avec la G7 qui approche, la question est plus que jamais d’actualité.
Par Emi Randin
Ce travail journalistique a été réalisé pour le cours « Production de formats journalistiques innovants », dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.
