L’effet spectateur: quand la foule rend passif

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Face à quelqu’un en détresse, pourquoi tant de personnes restent-elles sans réagir? Le phénomène, appelé effet spectateur, a été mis en lumière dans les années 60 par deux chercheurs américains, John Darley et Bibb Latané. Leur conclusion est troublante: plus on est nombreux·ses, moins on se sent responsable d’agir. Un mécanisme psychologique que l’on peut pourtant apprendre à déjouer.

L’effet spectateur peut être expliqué par trois mécanismes. D’abord, la diffusion de responsabilité. Dans une foule, chaque individu suppose que quelqu’un d’autre va prendre les choses en main. Ensuite, l’appréhension de l’évaluation pousse à l’inaction par peur du ridicule. Enfin, l’influence sociale suggère que si l’on constate que personne ne bouge, on en déduit qu’il n’y a pas lieu d’agir. À ces mécanismes s’ajoute une réaction purement physique appelée le freezing. Le cerveau peut percevoir la situation comme une menace et figer le corps avant même que l’on s’en aperçoive. 

La bonne nouvelle, c’est que l’effet spectateur n’est pas une fatalité. Si l’on a besoin d’aide, il est nécessaire de formuler une demande explicite. Cela suffit souvent à briser l’apathie collective. Et si l’on est spectateur·ice face à une personne en détresse, avoir connaissance de ce biais permet d’agir et d’être moins prisonnier·ère de celui-ci. 

Par Annaïk Schaub

Ce travail journalistique a été réalisé pour le cours « Production de formats journalistiques innovants », dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.

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