L’indépendance des médias, une utopie ?

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Commentaire – Modification du montant de la redevance, mettre moins de budget dans le financement des médias. Deux thèmes débattus de manière récurrente, presque cyclique dans les paysages médiatiques et politiques. Les Suisses sont invités à se prononcer sur la loi dite d’aide aux médias le 13 février prochain. Elle consiste à allouer environ 3 milliards de francs du budget de la Confédération sur 7 ans pour « donner une bouffée d’oxygène aux médias », a-t-on entendu des partisans. Du gaspillage d’argent pour le comité référendaire à l’origine de la votation.

Les médias sont sous respirateur artificiel à cause d’une maladie qui les gangrène depuis des années : le manque d’argent et les moyens humains pour survivre dans cette période de transition numérique. Les aides existent déjà mais elles sont indirectes : La Poste reçoit par exemple de l’argent pour l’acheminement des journaux. C’est l’introduction d’une aide versée directement aux médias qui dérange les opposants.

Ils s’insurgent d’une possible entrave à la libre information et à la liberté d’expression si l’État venait à augmenter sa part dans le financement des médias. Toutefois, argent public ou privé, le constat reste identique. Les rédactions se meurent gentiment (mais sûrement) par manque d’argent. Sans coup de pouce à un secteur en pleine léthargie, il n’y aura plus de libre information du tout.

D’ailleurs, en parlant d’indépendance, on peut s’interroger : à quel point un média financé par des groupes ou individus privés est-il libre de toute influence ? La Weltwoche, protégée du milliardaire Christoph Blocher, dressait en 2007 la liste des politiciens de droite ayant voté en faveur de la non-réélection de l’ex-conseiller fédéral.

L’indépendance totale n’existe pas et les médias suisses ont besoin de revoir leur offre sur le numérique, c’est un fait. Le peuple a l’occasion de s’exprimer sur le sujet dans les urnes, quatre ans après l’échec de l’initiative No Billag. Il faudra s’attendre à de prochains tomes sur le sujet : l’UDC prévoit de déposer une initiative pour une baisse de la redevance.

Crédits photo: KEYSTONE/Dominic Favre

Jessica Monteiro
Ce travail journalistique a été réalisé pour le cours “Atelier presse”, dont l’enseignement est dispensé collaboration avec le CFJM, dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.

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