« Au Cameroun, on remercie la Terre avant de cuisiner »

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Préparer un poulet braisé à la sauce camerounaise, ce n’est pas simplement cuisiner un plat, mais également rendre hommage à la Terre et à la vie. Josi Kaeser a reçu L’Illustré pour en faire la démonstration.

Debout devant son plan de travail, Josi Kaeser regarde l’arc-en-ciel de nourriture étalé devant elle. Pensive, elle baisse alors la tête et ferme ses yeux. S’ensuit un petit moment de silence, qui n’appartient qu’à elle. « Dans notre culture au Cameroun, on remercie toujours nos ancêtres et la Terre pour les aliments qu’ils nous offrent, avant de les cuisiner, explique-t-elle, c’est une manière d’ouvrir la porte à l’abondance ». Cette tradition lui vient de ses grands-parents. Et parfois, « j’aime aussi chanter et danser en même temps que je cuisine, ajoute-t-elle, ça apporte une énergie de joie dans le plat ».

Une enfance qui n’a pas manqué de piquant

Ni une, ni deux, Josi empoigne ensuite les premiers ingrédients dont elle a besoin, et se lance joyeusement dans la préparation de son poulet braisé au poivre de Penja. Cette recette lui est chère, car elle raconte une partie de son histoire. « Quand j’étais petite, pendant mes vacances, j’allais aider mes grands-parents dans les champs de poivre de Penja, se souvient-elle, c’était hyper puissant comme éducation, et j’en suis reconnaissante ! Car aujourd’hui, quoi que je puisse vivre, je me recentre toujours sur l’énergie de la terre ».

Une recette typique de Penja

Pieds nus dans sa cuisine, et débordant d’enthousiasme, Josi fait des allers retours entre le plan de travail et l’îlot central. Les oignons crépitent dans la poêle, tandis qu’une douce odeur de marinade se répand lentement dans la maison. « En fait je suis née au Cameroun, dans une famille de six enfants. A mes quinze ans, j’ai déménagé en France avec mon oncle, puis je suis venue une année en Suisse pour mon travail d’infirmière. C’est là que j’ai rencontré mon mari, et cette année s’est alors transformée en une douzaine » rigole-t-elle. Aujourd’hui Josi et son mari vivent avec leurs filles dans le canton de Fribourg, et la famille retourne régulièrement au Cameroun : « Cette recette m’a été transmise lors d’un de nos voyage là-bas par une dame que j’ai rencontrée dans le petit village de Penja ».

Après avoir retiré les rondelles de banane plantain de l’huile bouillante, Josi commence à remplir une assiette. Elle dispose les légumes en demi cercle autour du riz, « c’est pour la protection», explique-t-elle. A peine a-t-elle fini, que la porte d’entrée s’ouvre, et que ses filles déboulent dans la maison, ravies de retrouver leur maman après cette journée d’école.

Josie Kaeser pose avant de débuter la confection de son plat.

Envie d’essayer la recette de Josi?

Découvrez la recette du poulet braisé au poivre de Penja et sa sauce arachide du Cameroun.

Ingrédients pour 4 personnes: 

  • 4 cuisses de poulet Suisse
  • Un mélange de condiments (poivre de Penja blanc, gingembre, curcuma, ail, épices du Cameroun)
  • 1l d’huile de tournesol
  • Sel / Poivre de Penja
  • 500g de riz bio
  • 2 bananes plantains bien mûres
  • Des légumes de saison bio (carottes, céleri, poireaux, persil, oignons, tomates, ail)
  • 2 tomates
  • 200g d’arachides
  • Pousses germées d’oignons ou alfalfa

Étape 1: Faire mariner le poulet avec 2 cuillères à soupe du mélange d’épices, un peu d’huile et du sel. Laisser reposer 15 min, puis enfourner 45 min à four chaud, 180 degrés.

Etape 2: Laver le riz, puis le mettre dans une casserole remplie d’eau. Ajouter un peu de sel, ainsi que le reste de Marinade utilisée pour le poulet. Bien remuer, et cuire le tout à feux doux pendant 15 min.

Étape 3: Couper les légumes en julienne, et écraser l’ail. Faire revenir les oignons, puis ajouter les légumes. Remuer le tout comme dans un wok, en privilégiant une cuisson légère, puis ajouter le sel et une cuillère à soupe du mélange de condiments.

Étape 4: Dans un blender, verser 200g d’arachides, puis les mixer jusqu’à obtenir une pâte crunchy. Faire revenir un oignon coupé, ajouter 2 tomates coupées en morceaux, remuer pendant 3 min jusqu’à ce que les tomates sèchent un peu. Ajouter un peu d’eau, d’ail, quelque tour de moulin du poivre de Penja noir et du sel. Laisser bouillir 2 min avant d’ajouter la pâte d’arachides, puis descendez à feu doux. Remuer pendant 1 min jusqu’à obtenir une sauce homogène.

Étape 5: Mettre un peu d’huile à chauffer dans une marmite ou friteuse. Éplucher la banane plantain, et la couper en rondelles. Frire les rondelles à feu moyen jusqu’à obtenir une couleur jaune-caramel. (3-4min)v

Le poivre de Penja en quelques faits