Régimes 2.0 : quand la perte de poids se digitalise

dans Partager/Pixel et Poivre/Volée 13 par

Avec l’avènement du web, les manières de faire un régime se sont modernisées. Des outils diététiques innovants ont vu le jour et des communautés virtuelles se sont créées au nom du soutien et du partage.

L’obésité touche toujours plus d’individus dans des proportions toujours plus critiques. En 2017, 42 % de la population suisse était en situation de surpoids ou d’obésité. Face à ces chiffres qui ne cessent de croître, les médecins recommandent la rééducation alimentaire. Des rééducations qui ont évolué pour s’adapter aux moyens et aux besoins de la révolution numérique.

Le renouveau digital des programmes minceur

Au cours de la dernière décennie, Internet a assisté à la multiplication des applications mobiles liées à la perte de poids. Face à cette concurrence d’un nouveau genre, les régimes déjà existants ont dû innover pour tirer profit de cette digitalisation. C’est le cas de WW – anciennement Weight Watchers. Implantée en Suisse depuis 1974, la société américaine a créé une version entièrement digitale de son programme en 2016. Une reconversion numérique décrite et expliquée par Philippe Ballerstedt, directeur de la filiale suisse de WW.

 

La perte de poids inspirée par les influenceurs

Sur les réseaux sociaux, une multitude de comptes, de pages et de groupes ont pour ambition de soutenir leurs followers dans leur démarche de perte de poids. Eliana, jeune étudiante neuchâteloise, est depuis quelques mois semi-entrepreneuse en tant qu’ambassadrice bien-être et santé. Par le biais de ses comptes Instagram, Facebook et TikTok, elle encourage ses abonnés à améliorer leur mode de vie aussi bien sur le plan physique que psychologique. Elle poste quotidiennement des photos, des vidéos et des stories dans lesquelles elle partage des recettes équilibrées et des conseils nutritionnels et motivationnels.

 

 
 
 
 
 
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Si une partie de ses conseils se base sur une formation professionnelle, nombre d’entre eux sont tirés de son expérience personnelle. « Je suis passée par une perte de poids. Je sais que ce n’est pas toujours facile. C’est pour ça que j’essaie de décrire les choses comme elles sont, sans artifice ».

Ses publications permettent à chacun de réagir à son tour, créant ainsi une communauté de soutien et d’entraide. Deux qualités qui auraient tendance à se perdre dans la vraie vie, selon Eliana, surtout en cette période pandémique. Pour elle, les réseaux sociaux – lorsqu’ils sont bien utilisés – réussissent à maintenir du lien, même à distance. Un moteur dans une démarche de rééquilibrage alimentaire.

« Au premier confinement, il y avait des séances de sport en live tous les soirs. Je me disais que quitte à faire du sport seule à la maison, autant le faire avec des gens seuls chez eux aussi. Voir qu’on était parfois 70’000 à suivre le même live, ça motive ».

Le web, place de désinformation diététique

Pour Véronique Guerne, diététicienne au Centre de l’Obésité à Neuchâtel, si l’idée des régimes « numériques » séduit de nombreux internautes, c’est parce qu’ils confèrent un sentiment d’appartenance à un groupe tout en conservant une forme d’intimité grâce à l’anonymat. “Des fois, dans la prise de poids, il peut y avoir un sentiment de honte. Donc, ça peut aider certains à aller chercher du soutien sans se montrer”. Par la discrétion qu’il peut fournir, Internet permet d’aider les personnes trop craintives du regard des professionnels de la santé.

Toutefois, elle émet des réserves sur les véritables bienfaits de ces communautés digitales qui partagent très rapidement et à grande échelle des informations parfois erronées, voire dangereuses pour la santé.

La professionnelle déplore le manque de contrôle sur ces réseaux sociaux virtuels. Nombreux sont les utilisateurs et influenceurs qui, sans saisir pleinement des problématiques diététiques complexes, se sentent aptes à prodiguer des conseils.

Je m’énerve sur les réseaux sociaux quand je vois des gens sans formation qui disent qu’il faut faire d’une seule manière et que c’est la vérité vraie. Non. Ca va peut-être fonctionner pour certains, mais pour d’autres, ça sera catastrophique.

Véronique Guerne, diététicienne.

Par Eléonore Deloye

Ce travail journalistique a été réalisé dans le cadre du Master en journalisme et communication (MAJ).

Crédits photos : Pexels.

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