Pourquoi je suis là

Quand j'ai eu 20 ans, l'armée suisse m'a refusé sous les drapeaux : gros tampon rouge "d'inapte". Un joyeux évènement qui m'a permis de partir voir le monde, plutôt que de jouer au baby-foot pendant 9 mois dans une sombre caserne de Thurgovie.

C'est là que le journalisme commence : quand on a 20 ans et qu'on débarque à Manille, Delhi ou Téhéran. Des fourmilières humaines dans lesquelles 17 millions d'habitants tournent aux rythmes de Bollywood, du Ramadan, des embouteillages et des typhons.
Des gens qui ne sauraient pas placer les États-Unis sur une carte, qui pensent que l'Unesco est le nom d'un président, qui n'ont pas de frigo mais possèdent un smartphone. Des gens qui représentent les 7/10e de notre planète.

C'est là qu'on réalise que 100 vies de reporter ne suffiraient pas pour épuiser le plus anglé des sujet et que, malgré le "media-bashing" généralisé, il n'y a pas de meilleure époque pour être journaliste.