Face au réchauffement climatique, pourquoi choisir l’engagement citoyen ?

dans Environnement/Multimédia/Volée 15 par

Ancien élu écologiste et membre de Renovate Switzerland, Christian Anglada animait un atelier intitulé «Récolter et multiplier ses graines» samedi 15 octobre à la bibliothèque de Vevey. Un événement qui poussait participantes et participants à s’interroger sur le sens des actions citoyennes et de la désobéissance civile. Éléments de réponse en trois points.

Lorsqu’il ne colle pas sa main sur l’autoroute avec Renovate Switzerland, Christian Anglada jardine. Responsable de l’association les Jardins du Rocher, celui qui a suivi une formation en agroécologie et durabilité en 2011 partageait ses connaissances au travers d’ateliers comme ce samedi matin 15 octobre à la bibliothèque municipale de Vevey.

Intitulé «Récolter et multiplier ses graines», l’événement – ouvert à tous – était aussi l’occasion d’effectuer une action citoyenne en préparant les bacs du jardin urbain de la bibliothèque pour l’automne.

Christian Anglada, 57 ans, est également chargé d’étude stratégique pour un projet pilote de Revenu de transition écologique (RTE) dans le canton de Vaud porté par l’Entraide Protestante Suisse (EPER) et la Fondation Zoein. © Julie Collet

L’engagement citoyen pour dépasser les petits gestes individuels

«La démarche collective a plus d’impact que s’y j’étais exemplaire seul dans mon coin», avance Christian Anglada.

Inscrit chez les Verts dès 1988 – hasard du calendrier, c’est aussi l’année de création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – le tout nouvel habitant de Bex siège au conseil communal de la Tour-de-Peilz durant plusieurs années.

Puis, face à la prise de conscience de l’urgence climatique et de l’ampleur des changements à mettre en place, le Vaudois perd confiance dans le processus démocratique.

«Même si nous étions tous les meilleurs écocitoyens possible, cela ne réduirait que de 20 à 30% l’empreinte carbone globale. C’est donc le fonctionnement entier de la société qui doit changer, car le système actuel n’est pas compatible avec une vie durable sur la planète», appuie Christian Anglada.

«Face à la crise climatique, nos institutions ne sont pas adaptées pour prendre des mesures structurelles importantes sur le long terme.»

Christian Anglada

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L’engagement citoyen comme levier de pression politique

Ce mois d’octobre, Renovate Switzerland multiplie les blocages sur les axes routiers du pays au nom de l’urgence climatique. «Le but reste de faire émerger une thématique qui est assez pragmatique», souligne le militant qui relatait au printemps son arrestation à Berne et ses motivations dans le Blick romand.

Pour rappel, le mouvement demande au Conseil fédéral de se mobiliser pour la rénovation thermique des bâtiments et que la Confédération débloque 4 milliards de francs pour que 100 000 personnes reçoivent une bourse et puissent se reconvertir dans les métiers du bâtiment.

La vision de Christian Anglada, les participants à l’atelier de samedi la partageait, chacune et chacun à leur manière.

Marianne Ghorayeb partage son expérience d’architecte face à l’administration en matière de développement durable. © Julie Collet

«Notre objectif, ce n’est pas de faire plaisir. Que des gens nous détestent ou nous agressent, on y est prêt. A ce jour, malgré nos questions polies, personne ne nous a donné d’autres moyens que la pression citoyenne pour mettre à l’agenda politique un sujet.»

Christian Anglada
Martine Bartel donne son avis à propos des actions de Renovate Switzerland. © Julie Collet

L’engagement citoyen comme solution à l’écoanxiété 

Entre ce printemps et cet automne, les membres de Renovate Switzerland sont quatre fois plus nombreux, d’après Christian Angalda. Le militant compte une centaine de personnes actives au sein du mouvement, en majorité des jeunes et des aînés.

«Beaucoup choisissent de devenir actifs face à leur inquiétude, en dépit des risques de casier judiciaire. Il y a pas mal de jeunes qui se disent que s’ils attendent de finir leurs études ce sera trop tard, d’autant que faire tout bien maintenant ne garantit pas leur futur», commente l’homme de 57 ans, lui-même père de trois enfants.

Par Julie Collet

Crédit photo mise en avant : Julie Collet

Ce travail journalistique a été réalisé pour le cours “écritures informationnelles”, dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.

Smartphone à la main, je switch de réseau social comme je respire. Le storytelling et le multimédia sont mes moteurs. J'affectionne rencontrer des gens, me faire raconter et raconter des histoires; tous supports confondus. Afin de faire plus ample connaissance, je vous invite à me suivre au travers de mes stories sur Instagram @julie._.collet où je partage régulièrement mes coups de cœur culturels.

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