Une action écolo propulsée par les réseaux sociaux

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Parti de la discussion d’un groupe Facebook neuchâtelois en 2017, le défi Février sans supermarché s’exporte désormais à l’international. Parcours d’une action écolo qui s’est répandue sur les réseaux sociaux.

En 2017, un groupe Facebook neuchâtelois d’échange de conseils de consommation écolo voit naître en son sein une action en soutien aux producteurs et productrices régionaux. L’idée ? Un mois sans consommer en supermarché. Motivée par le concept, Leïla Rölli, qui lance alors le site internet du média En Vert et Contre Tout, l’adapte en un défi qui deviendra Février sans supermarché.  

Pensée comme une réponse à la surconsommation des fêtes de fin d’année, l’action prend place durant le mois de février. « C’est un mois difficile, c’est le moment où les gens reçoivent leurs impôts et ont moins de budget. De plus, l’offre de fruits et de légumes régionaux est limitée, explique Leïla Rölli. L’idée c’est si tu arrives à faire sans supermarchés en février, tu peux réussir toute l’année ». Retour sur cette action qui a fait son petit bonhomme de chemin.

Un départ encourageant

En février 2017, En Vert et Contre Tout lance le défi, contacte les commerces concernés et publie des communiqués. Pour permettre un échange entre les personnes qui y participent, le média neuchâtelois organise des événements sur Facebook pour rendre l’action visible et rappeler son existence aux membres de la plateforme. Encore cantonnée à la suisse romande, l’action atteint déjà 800 inscriptions.

Après ce départ encourageant, la seconde édition de Février sans supermarché de 2018, surfe sur l’engouement. Cette fois, il est décidé de constituer des groupes sur Facebook qui facilitent d’autant plus les échanges. « Le but est de transformer une expérience personnelle en moment d’entraide où les gens peuvent échanger des astuces et de bonnes adresses », explique Leïla Rölli. Cette année-là, le phénomène commence à gagner la France et touche alors près de 20’000 personnes.

Février sans supermarché s’organise en groupes Facebook. Leurs dates de création permettent de suivre l’expansion du défi à l’international. ©Arthur Du Sordet

Un succès international

Par la suite, en 2019, le défi prend une ampleur considérable : le nombre de groupes régionaux, rassemblant les personnes tentant l’expérience sans supermarché, explose. Toujours sous la houlette d’En Vert et Contre Tout, des bénévoles se chargent d’animer et de modérer les différents groupes. Les demandes de particuliers affluent vers le média neuchâtelois pour l’ouverture de groupes en Suisse et en France.

Parallèlement, Jean-Christophe Caron du blog Vivons Bien, Vivons Belges, relaye l’action en Belgique où l’idée prend très rapidement. On compte alors quatorze groupes en Suisse, trente-six en France et dix-sept en Belgique. En 2020, quelques groupes s’ajoutent notamment à Zurich, à Montréal mais également en Espagne et en Tunisie. Le mouvement ne s’essouffle pas.

Coup de pouce aux épiceries locales

Toutefois, à cause de la pandémie, cette année 2021 a été plus compliquée pour le défi. Pour Leïla Rölli, l’augmentation des préoccupations de chacun, a relayé les problématiques écologiques au second plan. Cependant certains groupes restent actifs, de nouveaux apparaissent et Février sans supermarché continue d’encourager la consommation durable.

Finalement, Leïla ne mesure pas le résultat de l’action uniquement au nombre de participants. «Un indicateur pour moi c’est par exemple le nombre d’épiceries bio en vrac qui existent dans le canton, s’enthousiasme l’initiatrice du projet. De deux en 2017, il y en existe aujourd’hui une quinzaine et elles fonctionnent toutes super bien».

Même si l’action a perdu en force face à la pandémie, il n’en reste pas moins qu’elle aura permis à certains de mettre – en partie – de côté la grande distribution. En d’autres termes, l’action a permis de sensibiliser les consommateurs quant à leur alimentation. Un acte d’autant plus novateur, que ce sont les réseaux sociaux qui ont permis à l’action de prendre en force.

Par Arthur du Sordet

Ce travail journalistique a été réalisé dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.

Légende photo ©Pierre Andrey/En Vert et Contre Tout

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