Le défi journalistique en Crimée

dans En danger/Multimédia/Perugia2019 par

La Crimée, zone annexée depuis plus de 5 ans par la Russie, cristallise les oppositions entre journalisme ukrainien et russe. Entre censure et tentative de couvrir au mieux l’actualité, les journalistes de cette région sont confrontés à de nombreux défis.

“Les journalistes ukrainiens ont beaucoup plus de liberté par rapport à leurs homologues russes”. Cette citation est issue d’un rapport de «Reporters sans frontières» publié en juin 2016.

Mais la Crimée – encore sous territoire ukrainienn selon l’Occident – est particulière: sous domination russe, les journalistes y sont très surveillés. De ce fait, cette profession est devenue un défi du quotidien.

Le paysage médiatique ukrainien – avec de nombreux médias actifs sur plusieurs canaux – est davantage pluraliste que celui de son voisin russe. Les statistiques publiées par l’Institut international de sociologie de Kiev (KMIS) rejoint cette idée:

  • 72% de la population ukrainienne suit la télévision et les médias en lignes locaux pour se renseigner et suivre l’actualité.
  • Environ un cinquième des citoyens ukrainiens ont recours à des sources d’information russes ou pro-russes, donc hors de contrôle du gouvernement ukrainien.
  • Intéressant: parmi ces utilisateurs de médias russes, seulement 4% disent pouvoir se fier à ces informations.

Il convient toutefois de douter de la véracité de telles statistiques: le gouvernement ukrainien et la population de Kiev sont très clairement marqués pro-occidentaux et donc opposés à la Russie. D’où de potentiels biais dans les réponses à cette enquête.

L’Ukraine une zone grise pour les médias

L’Ukraine, malgré cette image de pays avec une grande liberté des médias, a récemment été mise en cause pour avoir orchestré le meurtre d’un journaliste russe.

En outre, le pays dirigé par Petro Porochenko n’occupe que la peu enviable 101ème place au classement mondial de la liberté de presse en 2018 établi par Reporters sans frontières. En comparaison, la Russie se classe, elle, à 148ème position. Tout n’est donc pas tout rose d’un côté comme de l’autre…

Le journalisme en temps de guerre

Les tensions entre Ukrainiens et Russes ne s’apaiseront sans doute pas de si tôt en Crimée, tant les tentatives de réconciliation se multiplient sans résultat apparent.

Pour les médias, la question est la suivante: comment peut-on exercer le métier de journaliste dans des conditions aussi peu adéquates?

Cette réflexion sera au cœur de la conférence “Journalism on many front lines: the case of Ukraine” , le samedi 6 avril de 12h00 à 13h00 au Festival international du journalisme de Perugia.

Le journaliste Jakub Gornicki sera présent à la Sala del Dottorato:

Crédits photo: Torange

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