Symbole Twitter

« Malheureusement, la femme d’Alain Berset ne tweete pas »

dans Ecrit/Société/Volées 1 à 8 par

Journaliste au Palais fédéral, Arthur Grosjean a découvert Twitter il y a deux ans. Un outil qu’il juge comme essentiel pour le journalisme, mais qui reste toutefois encore peu développé dans la politique suisse.

« Tout journaliste devrait être sur Twitter », martèle Arthur Grosjean, journaliste politique à la Tribune de Genève et à 24Heures. Présent sur le site de microblogging depuis janvier 2011, il est le troisième journaliste romand accrédité au Palais fédéral le plus actif sur Twitter, après Christelle Domenjoz et Titus Plattner. Une utilisation qu’il décrit à 99% professionnelle. Cette affirmation se confirme dans la liste de ses 325 abonnés et 627 abonnements, composée en large majorité de journalistes ou de politiciens.

D’ailleurs, ses trois twitteurs favoris sont tous journalistes; il s’agit de Nick Lüthi, journaliste à MedienWoche et spécialiste des médias, Markus Haefliger, journaliste de la NZZ et Bernard Rappaz, rédacteur en chef du téléjournal de la RTS.

« Je suis alors tombé sur ArthurFlash »

Dans un premier temps, Grosjean admet avoir utilisé le réseau social comme un moyen de transmettre une info chaude. De cette pratique émerge son pseudo, ArthurFlash, qu’il affiche encore aujourd’hui: « Ce nom est dû à ma totale ignorance de Twitter lorsque je m’y suis inscrit. Je pensais que le but était de retweeter le plus vite possible les news que je venais d’apprendre. Je suis alors tombé sur ArthurFlash. Ça fait un peu Flash Gordon, c’est bien », raconte-t-il en souriant.

J’apprends plein de choses sur Twitter.

Deux ans plus tard, sa pratique a changé: il utilise aujourd’hui le réseau social principalement pour partager les articles qu’il estime intéressants. Mais également pour promouvoir ses propres papiers ou encore interagir avec d’autres journalistes helvétiques. En somme, Twitter lui apparaît comme une source de renseignements: « J’apprends plein de choses sur Twitter. J’utilise les sujets rédigés par mes confrères pour trouver des informations sur des thèmes sur lesquels je n’ai pas travaillé. Cela m’apporte une vraie information qui m’est utile, tant dans mon travail que pour ma connaissance personnelle de la politique. »

Malgré l’utilité du réseau social dans son travail, il ne souhaite pas que Twitter devienne une contrainte. « Je ne veux pas que ça me prenne trop de temps, il faut que ça aille vite », précise-t-il. « J’ai d’autres choses à faire. Si on me payait pour écrire des tweets toute la journée, je le ferais. Mais ce n’est pas le cas. »

Des politiciens suisses timides

Et qu’en est-il de l’usage de Twitter par les politiques? Le journaliste observe une pratique encore peu développée. »Au niveau de la politique fédérale, ce n’est pas encore hyperintéressant. Si je regarde les tweets politiques ici, à Berne, c’est chaque parti qui va se lamenter et dire “Oh, ils n’ont pas voté comme je voulais, c’est chiant! C’est une prise de position attendue, dont on ne peut rien faire », note-t-il.

En Suisse, tout est un peu plus lisse que dans les autres pays. Et en Suisse romande, tout est encore plus lisse que dans le reste de la Suisse.

Pas moyen d’y découvrir un scoop ou de lire une déclaration choc d’une personnalité, alors? « Malheureusement, la femme d’Alain Berset ne tweete pas », plaisante-t-il. Une information inédite sur la page d’un politicien suisse, ce n’est pas pour demain, selon lui: « J’aimerais bien des fois qu’ils balancent une info sur laquelle je ne suis pas au courant, qui donne le point de départ à un papier. »


Par Emilie Nasel

Derniers articles de Ecrit

Retour en haut